Dessalement : quelles perspectives en Afrique subsaharienne ?

Massivement adopté dans le Golfe dès les années 1970, puis après 2000 par Israël ou Singapour, le dessalement de l’eau de mer à grande échelle reste peu développé sur le continent africain, à l’exception notable du Maghreb, de l’Égypte et, dans une moindre mesure, de l’Afrique du Sud.
Gourmand en capital et en énergie et difficile à rentabiliser sans hausse conséquente du tarif de l’eau facturé aux usagers – sauf à la subventionner largement –, cette technologie reste encore largement hors de portée des pays en développement, et les rares projets de grande envergure ayant été menés à bien sur le continent, hors Afrique du Nord, présentent un bilan en demi-teinte.
La croissance rapide des grandes villes côtières d’Afrique subsaharienne pousse toutefois depuis quelques années les Etats à lancer d’ambitieux chantiers de dessalement, avec l’appui financier d’organisations d’aide au développement ou dans le cadre de partenariats public-privés (PPP). Après la mise en service d’une centrale à Accra en 2015, puis à Djibouti en 2021, Dakar, Lomé, ou encore Le Cap misent à leur tour sur le dessalement pour garantir l’accès de leurs populations à une ressource vitale, dans un contexte de stress hydrique croissant qui met en péril leurs ressources conventionnelles. Des projets plus embryonnaires sont aussi à l’étude à Mombasa, Luanda ou encore Lagos, mais sont confrontés à de fortes difficultés de financement. De leur côté, les « pionniers » nord-africains continuent d’investir lourdement (y compris, au Maroc, pour subvenir aux besoins du secteur agricole) pour pallier à des pénuries porteuses d’instabilité sociale.
Les coûts d’investissement et d’exploitation, encore très importants, sont toutefois en baisse continue, et l’emploi des énergies renouvelables pour alimenter – au moins partiellement – les stations de dessalement, devient envisageable. Ces évolutions ouvrent, peu à peu, de nouvelles perspectives sur le continent. Plusieurs acteurs de premier plan, venus notamment du Golfe (ACWA Power, Metito, Wetico) ou d’Israël (IDE Technologies) se positionnent donc d’ores et déjà en Afrique, nouvelle frontière du marché du dessalement.
Enfin, l’essor récent des micro-centrales, conteneurisées et alimentées par panneaux photovoltaïques, rend possible la production à très petite échelle d’eau potable dans les zones non-raccordées aux réseaux d’électricité ou de distribution d’eau.
