Dette publique des BRICS : quelle exposition à la hausse des taux ?

Les économies développées semblent actuellement les plus touchées par la tendance à la hausse des rendements des obligations d’Etat liée à la montée de l’inflation et aux craintes grandissantes quant aux niveaux des dettes publiques. Mais les cinq pays des BRICS (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) sont aussi touchés par cette évolution, à des degrés divers, en fonction de leur niveau d’endettement, de leurs soldes budgétaires, de la maturité de leur dette et de leurs perspectives de croissance.
La dette publique a augmenté dans les cinq pays depuis 2019, et tous, à l’exception de la Russie, devraient avoir une dette supérieure à 75 % du PIB en 2026. Les sources de vulnérabilité diffèrent néanmoins : des déficits primaires importants en Chine, une lourde charge d’intérêts au Brésil, un différentiel entre taux d’intérêt et croissance défavorable en Afrique du Sud malgré un retour à des excédents primaires, une détérioration des soldes budgétaires en Russie et une situation plus favorable mais dépendante de la croissance en Inde.
Le prolongement des projections du FMI jusqu’en 2040 confirme la persistance de ces tendances structurelles. La dette continue d’augmenter dans quatre des cinq pays : celle de la Chine atteindrait 137 % du PIB, celle de la Russie ferait plus que doubler pour s’établir à 44 %, tandis que celles du Brésil et de l’Afrique du Sud se stabiliseraient respectivement autour de 106 % et 84 % du PIB. L’Inde est le seul pays où la dette diminuerait, pour s’établir à 68 % du PIB en 2040, principalement sous l’effet d’une forte croissance plutôt que d’excédents primaires.
Une hausse durable de 200 points de base du taux d’intérêt implicite entraînerait une augmentation des ratios d’endettement dans les cinq pays. Le Brésil et la Chine seraient les plus touchés, avec des ratios de dette supérieurs d’environ 28 et 27 points de PIB à ceux du scénario de référence en 2040, en raison, respectivement, d’une lourde charge d’intérêts et d’un encours de dette important, tandis que la dette de l’Afrique du Sud dépasserait 100 % du PIB. Si la croissance venait en outre à baisser de 0,5 point de pourcentage, la dette de l’Inde cesserait de diminuer et se situerait légèrement au-dessus de son niveau de 2026, ce qui montre que sa trajectoire favorable dépend d’une croissance soutenue.
